Pour répondre à ses ambitieux objectifs, l’initiative française « Investissement pour le futur », dotée de 22 Mds€ au niveau national pour la recherche, a labellisé des projets Santé de différentes natures. A l’occasion du Forum Mondial BIOVISION qui se tiendra à Lyon les 15 & 16 avril prochain, seront présentés l’ensemble les projets santé lyonnais financés par le Programme d’Investissement d’Avenir (PIA) au sein d’un Village Santé dédié.

 

 RENCONTRE avec Louis Schweitzer*, Commissaire Général à l’Investissement (CGI)

 

Quelle est l’origine du Programme Investissement d’Avenir ?

Le programme d’investissement d’avenir a été engagé en 2009 à l’initiative d’Alain Juppé et Michel Rocard. L’idée est simple : dans une période de difficultés il faut préserver l’avenir, préserver l’investissement, préserver le potentiel de croissance. Depuis 2010, année de mise en œuvre effective du plan, nous avons reçu 47Mds€, dont 37Mds€ ont été engagés pour recherche universitaire, le transfert de l’université à l’industrie et pour la progression de l’économie en France.  Dans ce plan la santé a un rôle essentiel.

 

Quels sont les piliers fondamentaux de ce plan ?

Le programme d’investissement d’avenir est fondé sur une idée : nous soutenons et nous récompensons l’excellence. Il ne s’agit pas d’aider ceux qui sont médiocres, ou juste bons, mais uniquement ceux qui sont au meilleur niveau international et de faire que la France soit dans le domaine de la santé au premier rang des grands pays du monde.

Il y a en France une tradition de recherche associant clinique et recherche fondamentale qui est au tout premier rang mondial. Et le programme d’investissement d’avenir, en allouant à ce secteur de la santé 2,7 Md€ permet de conforter, confirmer et même améliorer le rang de la France au niveau mondial.

Quelle est la « réputation » d’Excellence des PIA lyonnais en santé ?

Il est clair que dans le paysage de la santé en France, Lyon a une place particulière aux côtés de Paris. Lyon a une histoire dans le domaine de la recherche fondamentale et de la recherche clinique tout à fait remarquable. Comme nous choisissons en France ce qu’il y a de meilleur il est tout naturel qu’il y ait beaucoup de projets implantés à Lyon : il y a un Institut de Recherche Technologique, des laboratoires d’excellence, nous finançons aussi un laboratoire P4 pour explorer les maladies infectieuses dans des conditions de sécurité absolue … bref, il y a à Lyon une vitalité de la recherche médicale très importante.

Parmi les Infrastructures très importantes au niveau national nous disposons à Lyon d’un laboratoire de niveau de sécurité P4, qui bénéficie actuellement d’une extension considérable correspondant en réalité à un 2ème P4 indépendant du 1er. Pour quelles raisons financez-vous cette infrastructure ?

Si on prend l’exemple du laboratoire P4 : il s’agit d’un laboratoire conçu pour analyser, déceler, combattre les agents infectieux les plus dangereux du monde, comme Ebola. Lyon a dans ce domaine une histoire. C’est un sujet qui se développe et il y avait besoin de moyens supplémentaires qui soient au meilleur niveau mondial. Nous avons choisi  Lyon comme centre français unique dans le domaine civil pour établir et développer ce laboratoire P4, et le Programme d’Investissement d’Avenir, très naturellement, en est le financeur aux côtés d’institutions lyonnaises (dont le laboratoire Mérieux et les organismes universitaires lyonnais).

Pensez-vous que l’on observe dans les projets lyonnais financés actuellement par le PIA un ancrage historique fort des différentes thématiques représentées ?

L’école de recherche médicale lyonnaise a une histoire qui fait qu’il y a à Lyon des personnalités et des laboratoires d’exception sur lesquels nous nous appuyons. Il faut bien voir que dans la recherche médicale aujourd’hui on n’est plus enfermé dans des disciplines : l’IRT Bioaster par exemple traverse plusieurs disciplines car comprend des approches de recherche et de diagnostic nouvelles qui ne s’applique pas à une seule discipline. On retrouve donc à Lyon toutes les disciplines d’excellence : la cardiologie, l’infection, la neurologie ….et je ne connais pas de discipline médicale qui ne soit pas représentée au plus haut niveau à Lyon.

Quel bilan peut-on tirer de l’efficacité de la mise en place des PIA (équipes d’excellence, brevets, publications, amélioration des soins) ?

L’efficacité du programme d’investissement d’avenir s’apprécie à différents niveaux. Nous ouvrons des concours internationaux et voyons qu’il y a des équipes d’excellence absolument remarquables. Grâce au PIA ces équipes renforcent leur attractivité et attirent non seulement les meilleurs chercheurs français, mais aussi les meilleurs chercheurs internationaux. Ensuite, ces nouvelles équipes renforcées, plus puissantes, font de nouvelles découvertes et on en voit les premiers signes, qui se traduisent par des brevets, des publications, etc. Vient enfin le transfert de ces découvertes, de ces brevets, de ces publications dans les soins et les applications cliniques. Ceci prend plus de temps du fait des délais qui existent dans la médecine, que ce soit pour la pharmacie ou les appareillages médicaux. Dans tous les domaines on voit une floraison absolument enthousiasmante, qui fait que je n’ai pas de doutes que quand on regardera les résultats du PIA, demain, dans 5 ans ou dans 10 ans on verra des réussites dont nous serons extrêmement fiers.

Pourquoi un jargon (labex, équipex, IHU, IRT etc.) si compliqué, difficilement compréhensible pour un étranger ?  N’aurait-on pas pu faire plus simple ?

Dans tous les mots qu’emploie le Programme d’Investissement d’Avenir il y a un mot central qui se traduit dans toutes les langues : c’est l’excellence …qui se comprend de manière universelle! L’attractivité des laboratoires et institutions soutenus par le PIA est vue, comprise et reconnue dans le monde entier. La recherche dans le domaine de la santé représente 10% des dépenses du pays et a un impact  économique de premier ordre sur toute la population puisqu’il s’agit de santé publique. Il est clair qu’il faut soutenir à la fois la recherche fondamentale et le transfert de cette recherche à la clinique et à l’économie. Donc il est logique qu’il y ait des institutions spécifiques dédiées à chacun de ces éléments : la recherche fondamentale, la recherche commune avec les industriels, le transfert à la clinique.

Ce que regardera un très bon expert étranger, c’est dans quelle institution il y a des chercheurs de premier rang qui publient dans les meilleures revues, s’il y a des crédits qui permettent de poursuivre les recherches, s’il y a des équipements médicaux qui permettent d’avancer au rythme le plus rapide sans être freiné au-delà du raisonnable par des contraintes matérielles. Si on regarde la situation lyonnaise l’attractivité est assurée !

Quel message d’encouragement souhaiteriez-vous formuler aux porteurs de projets PIA lyonnais ?

Lyon est, après Paris, la ville de France qui bénéficie le plus des crédits du Programme d’Investissement d’Avenir dans le domaine de la santé. Cela témoigne à la fois de l’histoire de Lyon mais aussi de la vitalité constante de la métropole lyonnaise. On a en France des métropoles qui ont un nouveau dynamisme, une nouvelle vitalité, et Lyon est dans ce domaine au tout premier rang.

 

*Propos recueillis par Nathaly MERMET

le 5 Mars 2015 au Commissariat Général à l’Investissement, Paris

Pour la Fondation pour l’Université de Lyon

FLASH

Venez rencontrer les acteurs de l’IHU OPeRa à BIOVISON les 15 & 16 avril, au sein du « Village des PIA» où seront présentés l’ensemble desprojets Santé financés par le Plan d’Investissement d’Avenir.Bannière Biovision

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