A l’origine de la création de Kallistem : la technologie de spermatogénèse in vitro qui permet d’évaluer la toxicité de substances chimiques sur la reproduction. Parallèlement déclinée à l’infertilité masculine,  elle ouvre aujourd’hui des perspectives immenses et une nouvelle aire dans le  champ de la procréation médicalement assistée (PMA) sur un marché mondial qui se chiffre à plusieurs milliards d’euros et sur lequel aucun acteur n’est véritablement positionné.

La société de biotechnologies Kallistem s’est fondée en avril 2012 sur une technologie développée par Philippe et Marie-Hélène Durand à l’Ecole Normale Supérieure de Lyon, revenant à mimer in vitro la fonction testiculaire menant à la production de spermatozoïdes. Coup double, cette technologie de spermatogenèse permet à la fois d’évaluer la toxicité de substances chimiques sur la reproduction et de trouver des solutions face à l’infertilité masculine.  « Kallistem répond à un véritable enjeu de société au niveau mondial qu’est le traitement de l’infertilité masculine » confirme Isabelle Cuoc, Présidente de la société. « Aujourd’hui, notre équipe est la première au monde à avoir mis au point la technologie nécessaire pour obtenir des spermatozoïdes complètement formés in vitro avec un rendement suffisant pour envisager une fécondation in vitro (FIV) par injection intracytoplasmique (ICSI). Ce résultat scientifique majeur vient renforcer notre crédibilité et notre potentiel de développement » se réjouit t-elle.

Un double enjeu

La technologie développée par Kallistem embrasse deux domaines touchant à la reproduction et pour lesquels les préoccupations sont majeures: d’une part la problématique du développement de biothérapies innovantes dans le domaine de l’infertilité masculine, notamment dans les pays industrialisés où elle ne cesse d’augmenter pour atteindre aujourd’hui 20 et 30 millions d’hommes dans le monde. Par ailleurs  l’évaluation de l’innocuité des produits industriels (chimiques, cosmétiques, agrochimiques et pharmaceutiques) commercialisés sur la fonction de reproduction, rendue obligatoire par la réglementation européenne REACH entrée en vigueur le 1er juin 2007. Kallistem s’inscrit donc dans une double activité, à la fois préventive et curative.

Profil toxicologique à la loupe

La détection de la toxicité dans une phase très amont du développement d’une molécule (pharmacologique ou autre) permet de réduire considérablement les coûts d’une recherche qui ne pourrait au final pas atteindre le marché. Désormais à la disposition des industriels des différents secteurs concernés, le modèle de culture cellulaire à partir de cellules germinales immatures de rat a été validé pour évaluer l’impact de substances chimiques sur la production de spermatozoïdes. Conjointement économique et éthique, la technologie permet d’ores et déjà de réduire d’un facteur 20 le nombre d’animaux sacrifiés pour réaliser les études de toxicité, et l’objectif affiché est d’atteindre un facteur 50. Kallistem propose, à partir de sa plate-forme technologique de culture cellulaire Bio-AlteR®, des tests in vitro (prédictifs et mécanistiques) pour évaluer la toxicité de xénobiotiques sur la fertilité masculine. Cette offre de service s’adresse aux secteurs R&D des entreprises pharmaceutiques, phytopharmaceutiques et cosmétiques ainsi qu’aux entreprises chimiques soumises à la réglementation REACH.

Des perspectives chez l’homme

Transposée à l’espèce humaine, la technologie de spermatogénèse in vitro, qui mime parfaitement la fonction testiculaire sur quatre semaines de culture, lève un nouveau pan dans le domaine de la PMA. Jusqu’alors maîtrisée par les chercheurs à 80%, jusqu’au stade de spermatides rondes (soit après toutes les étapes de divisions par mitoses et méiose, et avant la différentiation en spermatozoïdes), elle pourrait permettre à présent la production de spermatozoïdes fécondants, utilisables dans le cadre d’un projet parental. Ce en utilisant la technique de fécondation in vitro (FIV) par injection intra-cytoplasmique (ICSI), qui constitue un espoir majeur pour le traitement de formes sévères d’infertilité.

Le challenge pour décliner la technologie au bénéfice de la spermatogénèse humaine a désormais été remporté, et le double défi est dorénavant d’affiner encore l’évaluation de la toxicité pour tous les produits chimiques et de rendre la technologie disponible pour la population en attente.

Tour de financement en vue

Pour le financement de ses projets de R&D Kallistem a réalisé une levée de fond de 300K€ en 2013 en capital amorçage (100K€ pour le volet toxicité, 200K€ pour la PMA). « L’entreprise vise un marché mondial de plusieurs milliards d’euros sur lequel aucun acteur n’est actuellement présent, ce qui devrait convaincre les futurs partenaires financiers de participer au premier tour de financement d’ici fin 2015. » avance Isabelle Cuoc

Sous le feu de projecteurs :

Bannière BiovisionKallistem a été nommé Prix Spécial du Jury de l’Investor Conference à l’occasion de Biovision 2015.
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Nathaly Mermet

Image à la Une : Fresque de la reproduction dans les sous-sols des Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG). Copyright © Nathaly Mermet

 

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