La 12ème édition de BIOVISION, le Forum mondial des Sciences du Vivant, s’est tenu à Lyon du 4 au 6 avril, avec comme mot d’ordre : une SEULE santé. Santé humaine, animale, végétale ou encore santé des écosystèmes et de leur biodiversité …tout est intriqué et appelle une approche globale. Au programme : des ateliers, des sessions débats, des séances plénières, mais aussi un concours de projets innovants (Biovision Catalyzer) et de start-ups prometteuses (Biovision Investor). En forte IMG_2831résonnance avec le Showroom de l’Intelligence des Objets (SIdO), qui se tient en simultané et avec lequel Biovision est cette année fortement connectée, la thématique Santé digitale a ouvert le bal.

 

Gérald Comtet - Cluster i-Care - Workshop e-santé

Gérald Comtet – Cluster i-Care – Workshop e-santé

Co-organisé avec le Cluster I-Care, le workshop Santé digitale réunissait une vingtaine d’experts autour de questions comme l’impact de la e-santé sur l’efficience de l’hôpital ou l’évaluation des systèmes d’information. « Nous disposons aujourd’hui d’une mesure de l’impact du numérique sur la santé à travers le résultat d’un travail de recherche initié par le Ministère de la Santé en 2014 » déclare Gérard Comtet, Directeur du cluster régional i-care dédié aux technologies de santé. « Le consortium rhône-alpin impliqué aux côté de l’Agence Nationale de l’Appui à la Performance (ANAP) a démonté une corrélation positive entre le niveau d’informatisation des établissements de santé et leur performance » explique-t-il, soulignant cependant que la question n’est pas évidente puisqu’il y a parfois un décalage entre les investissements consentis et le résultat opérationnel pour les professionnels ou les usagers.

Membres de ce consortium ; l’IFROSS (Institut de Formation et de Recherche sur les Organisations Sanitaires et Sociales) a mené une enquête auprès de 300 établissements de santé pour comprendre les motivations d’investissement des dirigeants, tandis que l’Ecole des Mines de Saint-Etienne a travaillé sur des outils de modélisation des systèmes de santé. « Grâce à l’algorithme développé on peut aujourd’hui simuler toutes les configurations possibles d’un schéma de soins » indique G.Comtet.

Des Guidelines pour les établissements de santé

« L’outil de modélisation désormais disponible intéresse directement les entrepreneurs qui conçoivent des solutions de e-santé, et bien sur les établissements de santé qui sont confrontés à des choix d’investissement » affirme G. Comtet, rappelant que l’informatisation complète d’un établissement représente un budget colossal, et qu’en l’absence de recommandations certains établissements ont par le passé fait des erreurs d’investissement. Ce qu’il reste difficile aujourd’hui à réaliser est d’informatiser les métiers de la santé, par exemple pour la coordination du personnel, notamment en hospitalisation à domicile (HAD) où le « carnet de liaison » reste le support de communication …désuet et sans lien avec la structure qui a mis en place l’HAD. Si la numérisation médico-administrative est désormais généralisée, il y a donc encore fort à faire en termes d’informatisation pour apporter de la valeur à la performance des soins.

« En réponse à la politique lancée par l’Etat dans les années 90 pour appeler les établissement à se doter d’un centre d’informatique médical, les structures hospitalières se sont dotées d’outils maison » rappelle G. Comtet indiquant que l’objectif de la démarche est de fournir une « caisse à outils » aux établissements de santé pour évaluer les solutions proposées. A travers le Cluster i-Care, l’idée est aussi que les éditeurs ayant développé des solutions efficaces soient proactifs auprès de nouveaux établissements.

Une démarche gagnant-gagnant donc autant pour les établissements de soins que les fournisseurs de solutions informatiques.

« La digitalisation n’est pas une évolution mais une révolution du système de soins » analyse Thierry Chignon, associé sénior chez Mérieux Développement.

 

 

Nathaly MERMET