Défi relevé par la startup de biotechnologies lyonnaise OncoFactory : créer des répliques miniatures de cancer dans un embryon aviaire afin de tester l’efficacité de médicaments anticancéreux.

Un projet né au cœur d’un laboratoire académique

C’est initialement au sein du Centre de Génétique et de Physiologie Moléculaire et Cellulaire (CGPhyMC) que l’idée de créer une startup a germé dans l’esprit des deux chercheuses co-fondatrices Valérie Castellani-Lincontang et Céline Delloye-Bourgeois.  Aujourd’hui hébergée dans l’Institut NeuroMyoGène (INMG) – qui est un centre de recherche fondamentale et translationnelle focalisé sur le système neuromusculaire comptant environs 150 personnes-, OncoFactory développe une plateforme qui permet de créer des répliques miniaturisées de tumeurs cancéreuses de patient à partir d’une biopsie de ce dernier.  La technologie développée depuis 2013 consiste à transférer des cellules humaines tumorales dans des embryons de poulet pour suivre leur développement. « On crée alors un équivalent de la tumeur du patient dans un embryon aviaire » explique Céline Delloye-Bourgeois, précisant que l’idée est de « sortir » la tumeur du patient et de la répliquer dans un système qui va permettre de l’étudier.

Une réplique de la tumeur fidèle à la pathologie du patient

La réplique de tumeur obtenue ici reproduit de façon fidèle les caractéristiques de la maladie du patient, comme, par exemple, sa capacité à métastaser. « Nous avons choisi de travailler sur l’embryon de poulet qui est un organisme immature, car c’est aussi un organisme propice à la pousse tumorale »rappelle Céline Delloye-Bourgeois. Or dans un embryon (aviaire ou autre), en appliquant les connaissances de la biologie du développement (embryologie) à la cancérologie, il est possible de répliquer (et dès lors modéliser) des tumeurs dans des tissus précis. « La tumeur mimée peut alors – comme l’embryon entier- être analysée dans les 3 dimensions à la lumière de la connaissance des structures embryonnaires » indique-t-elle. Parmi ses avantages concurrentiels de poids : le fait de ne nécessiter que de petits échantillons (quelques cellules) et la rapidité de modélisation des tumeurs sur modèle animal embryonnaire. La tumeur d’un patient pourrait ainsi être répliquée dans une série d’oeufs recevant différents schémas de traitements, afin de définir le traitement le plus efficace pour le patient.

Des applications diverses

Plusieurs applications s’ouvrent à OncoFactory parmi lesquelles :

  • Tester l’efficacité de médicaments anticancéreux candidats
  • Générer des outils d’aide à la décision thérapeutique pour que les praticiens puissent personnaliser les traitements, sachant que l’embryon de poulet est un environnement favorable à la formation de tumeurs et de métastases en des temps très rapides (quelques jours seulement).
  • Contribuer aux programmes de développement des thérapies ciblées, de recherche de biomarqueurs prédictifs et de tests compagnons pour les biotechs et entreprises pharmaceutiques.
  • Développer ses propres thérapies, biomarqueurs, et tests compagnons notamment dans le champ de l’oncopédiatrie pour lequel il existe des besoins non comblés importants.

« Nous avons actuellement un travail de recherche en oncopédiatrie en cours autour du neuroblastome (cancer pédiatrique) soutenu par une action de mécénat du Groupe Apicil » indique Frédéric Berget, CEO de la société.

Un soutien fort de PULSALYS

La startup créée en mars 2016 s’est appuyée sur PULSALYS dans un premier temps pour protéger sa technologie par plusieurs brevets, puis pour identifier son futur CEO, Frédéric.Berget qui a rejoint la société depuis mai 2017. « La responsable de l’équipe de recherche Valérie Castellani a également bénéficié du programme Valoritech, ce qui a permis de structurer la startup au-delà de l’accompagnement par la SATT » souligne Joseph André, chef de projet Santé chez PULSALYS.

« Notre technologie était déjà très avancée et PULSALYS a eu pour nous un rôle de facilitateur pour nous accompagner dans les premières phases de dépôt de brevets et de création » déclare Céline. L’incubation chez PULSALYS a en effet permis à la startup de consolider son équipe notamment par le recrutement de son dirigeant et de clarifier son plan de développement afin d’accélérer la mise sur le marché de ses produits et services.

« Grâce à sa technologie, Oncofactory va devenir acteur de la chaîne de valeur du drug discovery et de celle de la médecine personnalisée en oncologie » souligne Frédéric Berget.

 

 

 En bref

  • Création : Mars 2016
  • Lieu : Lyon 8ème (Domaine Rockefeller)
  • Fondatrices : Valérie Castellani-Lincontang / Céline Delloye-Bourgeois / Thierry Dellove
  • Nombre de personnes : 6
  • Financement : Action de mécénat du Groupe APICIL (soutien au projet en oncopédiatrie)
  • Palmarès 2017 :  Trophée R2B ONCO (Déc) / 2016 : Lauréat du Concours Mondial de l’innovation, catégorie Amorçage / 2015 : Lauréat de l’I-LAB – Concours national d’aide à la création d’entreprises de technologies innovantes, catégorie Emergence (Juil.)
  • Chiffre d’affaires : NC (1er CA attendu pour 2018)
  • Site internet : www.oncofactory.com

 

PHOTO : Frédéric BERGET & Céline DELLOYE-BOURGEOIS – ONCOFACTORY ©Pulsalys – Nathaly Mermet

 Nathaly MERMET, pour la SATT PULSALYS