Article publié dans Biotech Info  N° 564 du  19/0912, Rubrique Technologies

Mots-clés : biotech rouges – hépatite B – immunothérapie – molécules chimiques

 

 

Lancé en juillet 2009 sous l’égide du pôle de compétitivité mondial Lyonbiopole, le projet Natheb vise une approche combinée chimique et biologique pour vaincre l’hépatite B chronique.

 

 

Malgré l’existence d’un vaccin préventif efficace, l’infection chronique par le virus de l’hépatite B (VHB) reste un problème de santé publique majeur avec 400 millions de porteurs chroniques dans le monde. Les traitements actuels permettent de freiner l’évolution de la maladie associée à cette infection chronique mais ne permettent une guérison complète que dans de très rares cas. Dans le cadre du projet Natheb, l’idée est d’explorer des nouvelles pistes de traitement en associant un produit d’immunothérapie basé sur un vecteur viral qui active le système immunitaire et une approche avec de petites molécules chimiques qui ont vocation à affaiblir le virus. « Au départ Edelris a été sollicité par l’Inserm, qui recherchait une expertise dans le développement de petites molécules afin d’aller jusqu’à la preuve de concept sur une nouvelle cible antivirale» explique Didier Roche, pilote du projet Natheb dans lequel sont impliquées aux côtés d’Edelris et de l’Unité Inserm U851 les sociétés lyonnaises Poxel, qui apporte son expertise dans le développement clinique et Transgene à travers son département des « maladies infectieuses ». Cette dernière, cherchait à développer une nouvelle approche d’immunothérapie pour traiter l’infection chronique par le VHB avec la perspective possible dans le cadre de ce programme d’évaluer une thérapie combinée. Labellisé lors du huitième appel à projets du Fond Unique Interministériel (FUI), Natheb est un programme cofinancé par le Fond Européen de Développement Régional (FEDER), la région Rhône-Alpes et le Grand Lyon  qui a bénéficié d’un budget global de 4,5 millions d’euros pour 3 ans. L’investissement pour Edelris, de 950 000 euros, se répartit comme pour toute entreprise co-financée à 55% en fonds propres et 45% par des fonds publics.

 

Bilan à 3 ans

 

Le projet Natheb est aujourd’hui en mesure de délivrer un premier produit d’immunothérapie développé par Transgene. Pour ce produit appelé TG1050, la preuve de concept pré-clinique a été obtenue. Le potentiel marché de ce produit d’immunothérapie est très important étant donné que les résultats précliniques  montrent, entre autre, que le TG1050 permettrait de traiter des patients aussi bien en Asie, notamment en Chine, que dans les pays représentant les 7 marchés principaux. Sur l’aspect synthèse, plusieurs nouvelles molécules ont été identifiées engendrant un effet d’inhibition sur le processus de réplication du virus. « Les premiers tests in vitro sont concluant et il faut désormais démontrer l’activité chez l’animal puis chez l’homme» déclare Didier Roche, justifiant la demande d’extension du projet récemment obtenue.

 

3 axes de travail

 

Le premier « workpackage » (WP1) concernant l’approche via les petites molécules engage les trois partenaires Poxel, Inserm et Edelris. Le second (WP2) qui implique principalement l’Inserm vise à cartographier les interactions  entre la cellule hôte et le VHB, donc l’intégration de ce dernier. La compréhension de l’interactome à travers la détermination du système complexe qui articule tous les éléments devrait permettre d’identifier quelles sont les connexions nécessaires au virus et à la cellule hôte pour interagir afin in fine de savoir les supprimer. Enfin, le WP3, reposant sur Transgene, vise au développement d’un produit d’immunothérapie, et les données générées au sein du WP2 pourront permettre de mieux définir les tests de monitoring spécifiques qui accompagneront les essais cliniques réalisés avec le produit. Les équipes de Transgene ont lancé également l’évaluation pré-clinique de la combinaison de TG1050 avec les petites molécules chimiques disponibles aujourd’hui pour l’infection par le VHB, et le même type d’évaluation sera faite sur la combinaison entre le TG1050 et les molécules chimiques issues du WP1.

 

Nathaly MERMET