Mots-clés : biotech rouges – neurosciences – Neuro Campus – Human Brain

Comprendre le fonctionnement du cerveau dans un continueum allant du gène à la cognition : un bien vaste défi qui chatouille tous les chercheurs en neurosciences ! Certes, mais pas forcément avec les mêmes moyens… 

 

Toute la communauté des neurosciences lyonnaises était mobilisée les 25 et 26 septembre derniers pour les journées inaugurales du CRNL, le Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon (qui a en réalité vu le jour en janvier 2011). Une communauté historiquement très implantée à Lyon depuis la découverte dans les années 50 d’un troisième état du cerveau – correspondant au sommeil paradoxal au cours duquel survient le rêve- par le Pr Michel Jouvet, mondialement connu pour ses travaux et père d’une véritable Ecole des neurosciences lyonnaises. Doté d’un budget de fonctionnement de 5 millions d’euros par an, dont un tiers de subventions récurrentes de l’Etat (1,4 million d’euros) et le reste en ressources propres, le CRNL s’appuie aujourd’hui sur 350 personnes au sein de 11 équipes issues de 5 unités.

Un budget qui n’a bien sur rien à voir avec ce que l’on trouve en franchissant la frontière suisse pour regarder du côté de l’EPFL, l’Ecole Polytechnique de Lausanne (voir page 3) …mais il ne s’agit pas non plus des mêmes projets !  « Humain Brain », l’un des trois projets collaboratifs internationaux pilotés par la Suisse et sélectionné fin 2011 parmi les six finalistes du  programme européen FET Flagships, coûtera en effet quelque 250 millions d’euros, auxquels s’ajoutera la construction d’équipements dédiés au projet de modélisation du cerveau pour 100 millions euros.

Un écart de moyens mis en œuvre impressionnant au premier regard, concernant des centres de recherche d’envergure comparable, mais à recontextualiser pour bien en saisir la différence : il s’agit pour Human Brain d’un projet Flagship de l’Europe énormément financé pour répondre à une problématique de modélisation, tandis que le projet de NeuroCampus porté par le CRNL vise une opération structurante sur le long terme. « La façon dont on comptabilise les salaires des chercheurs dans le coût des projets est essentielle pour comparer les choses » note aussi Olivier Bertrand, directeur du CRNL, observant que «si on chiffrait en comptant les postes permanents payés par l’Inserm, le CNRS ou l’Université on totaliserait une bonne dizaine de millions d’euros supplémentaire dans le budget du CNRL ».

Le CNRL est par ailleurs soutenu à travers ses équipes dans de nombreux projets par l’ANR dans le cadre des programmes d’investissement d’avenir lancés depuis 2010. Parmi les projets ambitieux, l’Institut CESAME, labellisé « IHU prometteur » et auquel sont alloués 6 millions d’euros pour le développement de cinq plateformes destinées à la recherche fondamentale et clinique en neurosciences, le labex CORTEX recevant 11,5M€, l’équipex LILI dédié à l’imagerie hybride du futur doté de 4M€, et enfin le projet de cohorte OFSEP visant à enrichir les données biologiques d’imagerie et les données socio-économiques de la sclérose en plaque (financé à hauteur de 10M€). Ce à quoi s’ajoute encore une fin de financement par le Contrat de projet Etat-Région (CPER 2007-2013) pour le projet d’imagerie médicale PRIMAGE.

C’est sur la richesse de ses cerveaux que mise avant tout le CRNL pour assurer sa place parmi les centres de recherche qui comptent dans le paysage international des neurosciences.

Nathaly Mermet.

 

Image à la Une : oeuvre de Daniel MONIC, artiste peintre sculpteur. Reproduction avec l’aimable autorisation de l’auteur.