Article publié dans Biotech Info  Mars 2008

Mots-clés : biotech rouges – biotech blanches – nanotechnologies – microfluidique – Maldi

L’idée de départ : transposer une technologie venue de l’industrie à d’autres marchés. Or le secteur des biotechnologies s’est montré le plus réceptif …reste maintenant à Siliflow de s’imposer parmi les quelques sociétés au monde maîtrisant la technologie des nanogouttes.

A l’image de beaucoup de petites sociétés innovantes, Siliflow se caractérise par deux activités : une première que l’on qualifiera « d’alimentaire », lui permettant d’assurer le développement de sa « noble recherche », intellectuellement séduisante. Cette dernière, qui repose sur la maîtrise de la technologie des très petites gouttes, représente en effet le coeur de la stratégie de Siliflow à long terme. « Notre spécificité est d’imprimer tout sauf de l’encre » précise Patrice Canac, co-fondateur de la société, mais la technologie inspirée de l’impression jet d’encre repose sur la manipulation d’infimes quantités de liquide. Originellement, ce savoir faire était celui de Brice Lopez, chercheur académique de l’Université Joseph Fourier (Grenoble) qui sur une initiative personnelle recherchait des applications. C’est de la rencontre des deux hommes début 2004 via l’incubateur grenoblois GRAIN qu’est né le projet Siliflow, éclos fin 2005 …et qui compte déjà parmi ses clients de référence le synchrotron ESRF, le CEA, l’INSERM, le CNRS et Biomérieux avec lequel un deal industriel a d’ores et déjà été conclu.

Focus sur l’imagerie Maldi

Application particulière de spectrométrie de masse, la technologie Maldi permet de faire des analyses moléculaires à partir d’échantillons liquides ou de biopsies de tissus biologiques pour compléter les analyses histopathologiques. « Pour identifier des biomarqueurs il faut les chercher le plus près de la source » affirme P. Canac, « et notre outil permet de venir ‘’spotter’’ directement sur les zones marquées ». Dans le cas par exemple d’une tumeur cancéreuse de petite taille, la signature dans le sérum est infime et donc les biomarqueurs difficiles à identifier. Or l’approche par spectrométrie de masse offre une analyse moléculaire fine à un endroit précis de la biopsie. Le fractionnement obtenu par la technique de « spotting » s’apparente au final à celui des puces ADN. En savoir plus : www.msi-maldi.org

Des besoins financiers

 Si l’ambition est forte, puisqu’il s’agit de proposer un outil d’analyse moléculaire utilisable par tous les départements d’anatomo-pathologie, les besoins monétaires de Siliflow sont raisonnables …mais indispensables. La jeune société doit aujourd’hui trouver les moyens de financer son prototype afin de l’industrialiser, et n’aurait besoin « que » de quelques centaines de milliers d’euros – disons 200 à 3000 K€ – pour ce faire et pour financer sa R&D.  « Nous cherchons la recette pour trouver de l’argent entre le petit et le grand tour» révèle quelque peu préoccupé P. Carnac, or c’est la que le bât blesse, car la difficulté rejoint la problématique générale du financement de la branche diagnostic et biomarqueurs. Alors que l’avenir de l’industrie biotech ne peut être sans le diagnostic précis ni les traitements personnalisés, le bon business-model pour les sociétés de diagnostic reste à l’heure actuelle une énigme, encore débattue lors d’une table-ronde dédiée au sujet à l’occasion de BioSquare 2008.

Les ventes de Siliflow pour l’automatisation de tâches routinières de laboratoire – tel par exemple le système de « Colony Picker » pour le repiquage de colonies bactériennes ou l’aliquotage de petits volumes de réactifs- lui ont permis de réaliser un chiffre d’affaires de 120 K€ pour son premier exercice. La société n’a toutefois pas vocation à se développer dans le service et fait donc beaucoup appel à la sous-traitance pour son activité « gagne-pain ». Reste que les levées de fonds attendues conditionneront sa survie pour mener à bien son projet phare, puisque les paramètres temps et trésorerie sont entrés en scène.

 * Propos recueillis à l’occasion de BioSquare, 12-14 Mars 2008, Bâle

Nathaly MERMET

 

 

FICHE D’IDENTITE

LIEU : Valence

CREATION :   fin 2005

FINANCEMENT : Fonds propres (46 000 €) + Concours Anvar

SPECIALITE : Robotique de laboratoire microfluidique

EFFECTIF : 2,5 aujourd’hui

CONTACT : Patrice CANAC, co-fondateur, pc@siliflow.com

Tel :  06 08 42 30 97 ou 09 50 38 20 20