Publié dans Biotech Info 565 du 26/09/12

Mots-clés : biotech vertes / blanches / bleues – pôle de compétitivité – cosmétique – sensoriel – végétal – formation – bioactifs

 

PÔLE DE COMPETITIVITE

Cosmetic Valley :

1er centre mondial de ressources en parfumerie-cosmétique

 

Labellisant quelque 20 projets par an, le pôle parrainé par Jean-Paul Guerlain (son initiateur en 1994 avec Jean-Luc Ansel) poursuit son ouverture au co-financement public. La 3ème édition « Cosmetic & Sensory » était le rendez-vous incontournable du sensoriel en juin dernier.

 

Depuis sa création en 2005 en tant que pôle de compétitivité, Cosmetic Valley se réclame être le premier centre mondial de ressources en parfumerie-cosmétique. « Le challenge est de faire naître des projets collaboratifs de recherche en cosmétique …ce qui n’est évidemment pas la démarche de la profession au départ » observe Christophe Masson, directeur Recherche & Innovation de la Cosmetic Valley. Or plus de 80 projets collaboratifs (84 exactement) ont été accompagnés et structurés sur les régions Centre, Haute-Normandie et Ile de France, représentant un investissement global de plus de 126 millions d’euros. « En Asie – au Japon et en Chine notamment- les grands groupes cosmétiques s’associent aux universités pour développer des produits innovants, mais en France il s’agit encore d’inciter cette collaboration, car contrairement à d’autres filières la cosmétique est intrinsèquement peu collaborative » insiste C. Masson. Pour l’encourager, 7 Domaines d’Action Stratégiques (DAS) ont été définis : Formulation, Packaging, Végétal, Sensoriel, Olfaction, Espaces de vente et Mesure. Ces 7 DAS ayant vocation à faire émerger des projets structurants incluant programmes de recherche, partenariats, plates-formes techniques et formations.

 

CERTESENS, plateforme de recherche sur le sensoriel

 

Centre d’Etudes et de Recherches sur les Technologies du SENSoriel, la plateforme d’innovation Certesens représente un Domaine d’Action Stratégique (DAS) phare de Cosmetic Valley. Opérationnelle depuis mars 2012 elle a été créée à l’initiative de l’Université de Tours et de trois PME tourangelles dont Spin Control, experte en caractérisation de produits cosmétiques, RCP Design Global, spécialiste du design industriel et sensoriel et CQFDgustation, spécialiste quant à elle du sensoriel dans le domaine alimentaire. Une matériauthèque sensorielle initiée par RCP Design Global et intégrée à Certesens offre aux entreprises des filières cosmétique et agro-alimentaire une banque de matériaux classés selon leurs propriétés sensorielles. Cette sorte de « tapis d’éveil » des désigners est complétée par un autre équipement, à savoir une unité de métrologie sensorielle, permettant de caractériser les propriétés de nouveaux matériaux, le tout pour un investissement de 5 millions d’euros par la communauté d’agglomération Tour(s) Plus et le FEDER.

Focus stabilisation

Depuis la création du premier Comité de Développement d’Indre et Loire (CODIL) par Jean-Luc Ansel et Jean-Luc Guerlain en 94, préfigurant l’actuelle Cosmetic Valley, le pôle a ainsi réussi à mobiliser les acteurs sur des thèmes de préoccupation générale comme la stabilité microbiologique impliquant autant les acteurs du packaging, des produits finis que des tests. « Tant qu’il y avait les parabènes la stabilité des produits n’était pas un enjeu, mais face à la chasse aux conservateurs il s’agit bien de trouver des solutions pour assurer la sécurité microbiologique des produits » rappelle C. Masson.

Pas moins de 6 partenaires se sont réunis sous l’égide de la Cosmetic Valley autour de la découverte de molécules naturelles pour la stabilisation de produits cosmétiques : l’Université d’Orléans, la Guyane, la société Alban Muller International (fournisseur d’ingrédients), le groupe LVMH, Greenpharma (PME de valorisation du végétal) et Glycodiag (PME développant les tests d’efficacité). Le co-investissement sur un projet commun a conduit au recensement de plantes (essentiellement en Guyane) et au criblage d’activité des extraits. Terminé en 2011, le projet est désormais passé en phase d’industrialisation.

Parallèlement, la commission scientifique animée par la Cosmetic Valley a abouti à l’édition d’un guide à destination de la profession indiquant la démarche pour l’évaluation standardisée de la sécurité microbiologique d’un produit. Outre la piste des conservateurs reposant sur les ingrédients listés, une piste intéressante concerne l’identification de certains ingrédients freinant le développement microbiologique, et participant de fait à la stabilisation des produits finis. La surveillance des paramètres physico-chimiques comme le pH est également un élément essentiel sachant que les formulations sont plus ou moins stables dans le temps par rapport aux attaques microbiologiques. Enfin, « le packaging aussi est un vrai enjeu » ajoute C. Masson, citant le développement de nouveaux packs hermétiques tels les bouchons Airless® ou la spatule antimicrobienne.

L’enjeu des Biotech. végétales

Porté par la société bretonne Diana Ingredients en collaboration avec le laboratoire Biologie moléculaire et Biotech. Végétales (BBV) de l’Université de Tours, le projet Biotech & Tours en cours soutenu par Oséo vise à utiliser les biotechnologies végétales afin d’obtenir des principes actifs de plantes non cultivables. « Concrètement, il s’agit à partir de cellules souches de plantes d’obtenir en bioréacteur des molécules telles des actifs anti-oxydants ou anti-âges, mais naturels » explique C. Masson. Lancé avec un certain nombre de pays (Syrie, Togo, Colombie, Vietnam, Niger, Chine, Corée du Sud et Japon) pour favoriser le développement d’une économie locale à travers la valorisation de plantes endémiques, le projet Cosmétopée a pour objectif de sauvegarder les traditions en matière de beauté en concourant à l’extraction de principes actifs et à la mise au point de gammes de produits cosmétiques à partir des plantes.

        Jouissant d’une reconnaissance internationale, le cluster cosmétique a signé plusieurs conventions de partenariats pour le montage de projets collaboratifs avec entre autres le Centre Européen de Dermocosmétologie (CED) et le pôle Plastipolis.

* Propos recueillis à l’occasion du congrès « Cosmetic and Sensory » organisé par Cosmetic Valley à Tours les 26 & 27 juin 2012.  

* En savoir + :  www.cosmetic-valley.com

 

Nathaly MERMET

 

ZOOM

Les acteurs de la Cosmetic Valley

Le pôle cosmétique et parfumerie réunit aujourd’hui quelque 600 entreprises de la filière Beauté, dont 80% de PME et une quinzaine de marques prestigieuses et de grands groupes : Guerlain et Dior (LVMH), Shiseido, Hermès, Nina Ricci et Paco Rabanne (Groupe Puig), Lolita Lempicka (Pacific Création), Gemey-Maybelline et Yves Saint Laurent Beauté  (L’OREAL), Clarins, Caudalie, Chanel. A côté des multinationales comme Unilever, Procter&Gamble, Reckitt Benckiser implantées en France, le pôle compte aussi des petites sociétés spécialisées dans la formulation de poudres et maquillages, les plantes médicinales pour la cosmétique ou encore dans les biotechnologies. Autant d’entités qui peuvent partager des problématiques communes telles la stabilisation des produits cosmétiques par exemple. NM

 

ZOOM

 Une formation innovante dans les biotech.

 L’Institut de Formation des Biomédicaments et des Bioactifs Cosmétiques (IFBBC) ouvrira à l’horizon de un ou deux ans (rentrée 2013 ou 2014) une nouvelle formation sélectionnée et financée dans le cadre des projets d’avenir. Cosmetic Valley est partenaire de la création de l’IFBBC qui voit sa réalisation en réponse à l’appel à projets de formation innovante dans les biotech. NM