Publié dans Biotech Info  N° 532 du  06/07/11

Mots-clés : biotech vertes / rouges / blanches – environnement – nutrition – cancer

 

Une chaire « Cancer, environnement et nutrition »

Cancer, environnement et nutrition réunis dans une Chaire créée par le CLARA et Merck Serono

 L’incidence de l’environnement et de l’alimentation dans la survenue des cancers ne fait plus aucun doute. Aussi une Chaire d’Excellence se trouve t-elle désormais entièrement dédiée à l’étude de ces interactions.

 

Créée à l’initiative du Cancéropôle Lyon Auvergne Rhône-Alpes (CLARA), du Centre Léon Bérard (CLB) et de Merck Serono, la Chaire d’Excellence « Cancer, Environnement et Nutrition » se focalise sur deux axes principaux de recherche : l’axe Nutrition et Cancer (avec un focus sur le surpoids et l’obésité comme facteurs de risque supplémentaires) et l’axe Cancers professionnels et facteurs environnementaux. « Le surpoids comme les molécules pesticides, les PCB et les solvants sont suspectés dans de nombreux cancers, dont le cancer du sein avec un effet de perturbateurs endocriniens, et l’objectif est de développer une recherche très interdisciplinaire » précise le Dr Béatrice Fervers, coordinatrice de la Chaire, responsable de l’Unité Cancer, Environnement et Nutrition au CLB et également largement impliquée dans l’émergence de l’axe de recherche sur ce même thème inscrit au programme 2009-2014 du CLARA.

 Deux projets au programme

Basé sur l’étude interventionnelle pilote « PASAPAS », à savoir un programme clinique de prise en charge nutritionnelle mis en place avec des patientes atteintes de cancer du sein et traitées par chimiothérapie adjuvante, le projet cancer du sein et nutrition vise à évaluer les paramètres métabolomiques et comprendre le rôle des facteurs nutritionnels dans le modèle du cancer du sein. « Globalement, ce qui est vrai pour le risque cardio-vasculaire l’est aussi pour le cancer» avance le Pr Martine Laville, Directeur du Centre de Recherche en Nutrition Humaine Rhône-Alpes (CRNH) au Centre Hospitalier Lyon Sud, annonçant parallèlement qu’un projet « Nutripôle » réunissant quatre pôles de recherche nationaux en nutrition pour constituer le plus grand centre européen est en cours, et sera déposé en octobre en réponse à l’appel d’offres « Infrastructures » dans le panorama des Investissements d’Avenir. Si surpoids et obésité sont bien identifiés comme facteurs de risque pour un certain nombre de cancers, ils s’avèrent également des facteurs de mauvais pronostic après un diagnostic de cancer de sein. « Nous sommes encore à l’aube des découvertes sur les relations entre nutrition et cancer, mais la Chaire d’Excellence devrait réellement permettre d’accélérer la recherche sur cet axe » affirme le Pr Laville.

Dans le projet CLARENCE, il s’agit de poser la question de l’impact des facteurs environnementaux sur la progression des cancers du sein et du testicule tant au niveau épidémiologique qu’au niveau cellulaire et moléculaire. « L’expérimentation peut par exemple consister à exposer de manière chronique des lignées de cellules mammaires à de faibles doses de produits (pesticides ou autres)» précise le Dr Fervers. Cette exposition peut alors favoriser le passage des lignées cellulaires d’un état bénin à précancéreux, ou l’évolution du stade précancéreux à cancéreux.

Un financement Merck Serono

Misant un montant de 300 K€ pour trois ans dans le financement de la Chaire d’Excellence « Cancer, environnement et nutrition », Merck Serono souhaite avant tout s’afficher comme un partenaire de recherche impliqué. «  Au-delà des molécules et des soins nous travaillons beaucoup sur les typologies de cancers, et avons une approche ethnologique avec une démarche de définition d’un environnement de mots nouveaux » déclare Dominic Cellier, Directeur des Affaires Scientifiques de Merck Serono en France, faisant référence aux trois tomes de « L’Alphabet des mots du cancer » réalisé par le laboratoire avec l’aide d’un lexicologue. Division spécialisée dans les médicaments de prescription innovants de Merck KGaA, Merck Serono est entré dans le Plan Cancer en 2006 et est depuis devenu un partenaire fort des cancéropôles et centres anti-cancéreux. Rappelons que des 9,3 milliards de CA du groupe allemand, 6 milliards viennent de la pharmacie, dont 20% sont consacrés à la recherche.

 

Nathaly MERMET